Mathurin De Chacus achève ses deux mandats à la tête de la Fédération béninoise de football. L’Assemblée générale élective prévue en août prochain ouvrira une nouvelle étape pour l’institution. Plusieurs membres du Comité exécutif apparaissent déjà comme des candidats crédibles. Francis Koto Gbian, Pédro Ayéma et Marcellin Bocovè sont les noms qui circulent le plus dans les discussions. Un quatrième camp, composé d’anciens dirigeants et de figures influentes, aurait quant à lui choisi Magloire Oké pour porter ses couleurs.
Francis Koto Gbian, l’expérience politique en question
Premier vice-président de la FBF, Francis Koto Gbian connaît parfaitement les rouages de l’institution. Son parcours au sein du comité exécutif lui confère une légitimité certaine. Il a accompagné Mathurin De Chacus durant ses deux mandats. Sa loyauté et sa discrétion sont reconnues. Mais son profil présente des fragilités.
Son élection récente comme député pourrait limiter son engagement. La charge parlementaire est lourde et exigeante. Ses difficultés à fédérer les clubs du Nord ajoutent une contrainte supplémentaire. Sa candidature repose donc sur un équilibre délicat entre ses ambitions sportives et ses obligations politiques.
Pédro Ayéma, la fougue et ses limites
Quatrième vice-président de la FBF, Pédro Ayéma est un acteur incontournable du football béninois. Président de Ayéma FC, il s’est imposé comme un stratège des coulisses. Ses alliances et ses ruptures ont marqué l’histoire récente de la fédération. Sa fougue est son principal atout mais aussi son principal risque.
Certains estiment que la FBF a besoin d’une gouvernance apaisée et méthodique. Ses méthodes parfois abruptes suscitent des réserves. Des bruits de couloir informent qu’il investit déjà sur le terrain pour rallier des clubs à sa cause. Cette stratégie opportuniste peut séduire mais elle dérange aussi. Sa candidature repose sur sa capacité à transformer son image et à convaincre au-delà de son cercle habituel.
Marcellin Bocovè, le profil rassurant
Président de ASVO FC, Marcellin Bocovè incarne une autre approche. Son calme et son intégrité séduisent de nombreux acteurs du football béninois. Son parcours au sein du comité exécutif et ses responsabilités dans les instances internationales renforcent son crédit. Il a participé aux négociations qui ont permis d’obtenir des financements pour la FBF. Sa connaissance des enjeux locaux et internationaux est précieuse.
Son empathie et sa discrétion lui permettent de fédérer autour d’un projet commun. Beaucoup voient en lui un dirigeant capable d’apporter une gouvernance transparente et apaisée. Sa force réside dans sa capacité à inspirer confiance. Reste à savoir si cette posture résistera aux manœuvres souvent brutales du milieu.
Le camp des anciens dirigeants mise sur Magloire Oké
Un quatrième camp s’organise en marge des candidatures issues du Comité exécutif. Il rassemble des figures connues du football béninois comme Anjorin Moucharafou, Augustin Ahanvoebla, Quentin Didavi et Magloire Oké. Ces anciens dirigeants, qui ont marqué l’histoire de la FBF, ont décidé de peser dans le scrutin à venir.
Après plusieurs échanges internes, ils ont dégagé Magloire Oké comme candidat officiel pour l’élection. Ce choix traduit leur volonté de revenir au premier plan et de proposer une alternative aux candidatures déjà annoncées. Leur stratégie repose sur l’expérience accumulée et sur la capacité à mobiliser des soutiens historiques dans le milieu du football béninois.
Un scrutin décisif pour l’avenir du football béninois
Le départ de Mathurin De Chacus ouvre une nouvelle page. Les acteurs du football béninois attendent une gouvernance stable et ambitieuse. Les clubs veulent des réformes concrètes et une meilleure organisation des compétitions. Les supporters espèrent une montée en puissance des équipes nationales. Le prochain président devra répondre à ses attentes.
Il devra aussi renforcer les relations avec la CAF et la FIFA. La capacité à mobiliser des ressources financières sera déterminante. La bataille électorale ne se jouera pas seulement sur les discours. Elle se jouera aussi sur les alliances et la confiance que chaque candidat saura inspirer.
La succession de Mathurin De Chacus s’annonce disputée. Francis Koto Gbian mise sur son expérience institutionnelle. Pédro Ayéma sur sa fougue et ses réseaux. Marcellin Bocovè sur son intégrité et sa vision apaisée. Trois profils différents mais complémentaires. Le choix des électeurs sera crucial. Il déterminera l’orientation du football béninois pour les prochaines années. Dans ce contexte, la capacité à rassembler et à convaincre sera la clé. Le scrutin d’août prochain s’annonce comme un moment charnière pour l’avenir du sport roi au Bénin.

